La gloire d'Israël

Rédigé par Métro-Boulot-Catho -

La première lecture de dimanche dernier (Livre de Néhémie 8, 2-4a.5-6.8-10) nous emmenait dans un événement peu connu de l'histoire du peuple d'Israël. En 538, le roi de Perse Cyrus autorise les vaincus de son ancien ennemi le roi de Babylone à retourner à Jérusalem. Le réinvestissement du Temple donne lieu à une cérémonie extraordinaire, où le prêtre Esdras proclame solennellement la Parole de Dieu au peuple rassemblé. L'Exil a entraîné sa part d'oubli, au point que même la langue est perdue, il faut régulièrement arrêter la lecture, traduire et expliquer.

L'émotion du peuple est telle, dit le bibliste, que tous "pleuraient en entendant les paroles de la Loi". Esdras les enjoint à se réjouir, à manger des viandes savoureuses, boire des boissons aromatisées : "la joie du Seigneur est votre rempart !"

"La joie du Seigneur est votre rempart !"

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Le plus beau métier du monde (#8)

Rédigé par Métro-Boulot-Catho -

Début du cours, 5eme. Je ne sais plus très bien à propos de quoi, j'emploie l'expression "Il faut avoir fait Polytechnique pour y arriver". Consciente que les élèves n'ont peut-être pas compris, je leur demande s'ils savent ce que c'est, "Polytechnique".

Un petit Gérin* répond : "Oui je sais : c'est une étude pour des gens qui sont très intelligents !" Je rectifie un peu, je précise, et j'explicite le sens de l'expression. Et on passe à autre chose.

Un peu plus tard, après leur avoir rendu des copies, je les félicite de leurs bonnes notes.

Et le petit Gérin de réagir : "On est super intelligents, on va tous faire Polytechnique !"

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(* Non, ce n'est pas son vrai prénom. Ici j'anonymise mes élèves en piochant parmi les saints du jour).

Catholic Blues

Rédigé par Métro-Boulot-Catho -

Aujourd'hui, je vais exceptionnellement rompre avec une règle que je m'étais fixée en créant ce blog, qui est de ne pas réagir "à chaud" à l'actualité, particulièrement quand elle tourne à la polémique. Mais je vais le faire aujourd'hui, parce que ce qui arrive est grave, et parce que j'ai mal.

D'abord et avant tout, j'ai mal à l'idée que des enfants ont souffert des horreurs que je ne peux même pas me représenter.

Mais j'ai surtout mal que des connards de prédateurs aient usé de l'ascendant moral et spirituel que leur donnaient leurs fonctions de prêtre pour infliger ces horreurs à ces enfants, obtenir leur silence et parfois aussi bénéficier de celui de leurs parents, qui ont préféré ne pas croire les enfants.

J'ai mal que des évêques aient nié, ou minimisé le problème, aient cherché à étouffer le scandale, à protéger l'Institution plutôt que les enfants.

Dans un autre registre, j'ai mal que dans certains pays, des religieux aient participé à l'enlèvement d'enfants à leur mère, et donné une caution morale et spirituelle à un système aussi odieux.

Tout cela me fait mal car ce n'est pas ce que je connais de l'Église, et j'ai terriblement mal que certains la réduisent désormais à tout cela.

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Jérusalem : un portrait chinois

Rédigé par Métro-Boulot-Catho -

Initialement publié sur reseaubarnabe.org

Si Jérusalem était… une couleur, ce serait ce jaune pâle de la pierre avec laquelle tout est bâti. Chaleureuse et aveuglante à midi, elle dore la ville au crépuscule.

Si Jérusalem était… une image, ce serait une icône. Ville sainte, ville sanctifiée par les millions d’hommes qui, de génération en génération, ont tourné vers elle leurs pas, leur attente et leurs prières. Les coupoles, les clochers et minarets qui élèvent le regard, tout ici montre le ciel et la majesté de Dieu.

Si Jérusalem était… un livre, ce pourrait être un livre d’histoire, tant les siècles ont laissé leurs traces ; ce pourrait être la Torah, où Dieu promet à son peuple une fidélité éternelle. Ce serait plus sûrement encore le Livre des Psaumes.

Si Jérusalem était… un instrument, ce serait la voix. Celle de la foule des rues grouillantes du souk, celle des muezzins qui appellent à la prière ou la guident sur l’esplanade des mosquées, celle des communautés chrétiennes de toutes langues et de toutes traditions, celle du peuple juif qui chante sa joie de célébrer shabbat ou se recueille paisiblement devant le Mur occidental, celle, enfin, des personnes que nous rencontrons, qui disent la complexité de cette vie, les contradictions de cette ville.

Jérusalem, c’est tout cela à la fois. Nous avons eu la joie de la découvrir, de laisser se dévoiler un peu cette ville inconnue et familière à la fois.

Jérusalem est une rencontre.

Retour de Terre sainte

Rédigé par Métro-Boulot-Catho -

Je reviens de deux semaines en Terre sainte. J'y étais déjà allée deux fois, je commence à m'y sentir un peu chez moi, mais cela reste un voyage hors du temps.

Quand j'ai eu envie d'aller en Terre sainte pour la première fois, j'ai voulu rencontrer ceux qui y vivent. Ne pas faire une tournée de lieux saints entre deux hôtels, mais vraiment aller à la rencontre des gens, parce qu'après tout, Jésus dans les Évangiles ne fait pas autre chose que cela : aller à la rencontre.

J'ai découvert les camps d'été du Réseau Barnabé, et j'ai participé coup sur coup à deux éditions. C'était formidable de partager des beaux moments avec des habitants de Ramallah, et ensuite découvrir, à Jérusalem, les lieux saints et la présence juive, à la fois ancienne et moderne. J'ai dîné chez des Palestiniens, rompu avec eux le jeûne du Ramadan, et dîné chez des Israéliens (Français) pour ouvrir le shabbat. J'ai marché dans le Wadi Qelt, me suis baignée dans la Mer morte, et j'ai tenté de me recueillir dans le Saint-Sépulcre. J'ai entendu les Juifs chanter les psaumes et des muezzins appeler à la prière.

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Bref, j'ai découvert la magie de Jérusalem, dont j'avais alors brossé un portrait chinois.

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