Nouveaux et renouvellement
Rédigé par Métro-Boulot-Catho -Depuis le mois de janvier, j'ai commencé à accompagner un groupe de catéchumènes. Comme partout en France, nous constatons localement cet étonnant afflux de demandes de baptême qui donne lieu à de nombreux articles au moment de Pâques.
Quand on écrit sur ce sujet, il se trouve toujours quelques pisse-froid pour venir tempérer l'enthousiasme en rappelant que ces chiffres ne compensent pas l'effondrement des inscriptions d'enfants au catéchisme ou la "crise des vocations". Oui, peut-être, mais enfin il y a quelque chose de très impressionnant dans ces demandes qui arrivent de nulle part en flux continu.
Ce phénomène tend plutôt à se confirmer depuis quelques années - et après tout, dans la mesure où, depuis 20 ou 30 ans, les baptêmes d'enfant se sont raréfiés, il faut s'attendre à ce que les demandes de baptême émanent de plus en plus d'adultes. C'est une profonde transformation de l’Église (comme communauté des croyants) qui se prépare peut-être : l’Église de demain sera de plus en plus (proportionnellement) constituée de ces convertis qui n'ont pas grandi dans un terreau catholique.
Ces nouveaux venus posent à l’Église de multiples défis. D'autres que moi ont déjà écrit à ce sujet (Antoine Pasquier a ainsi publié une Enquête sur ces jeunes qui veulent devenir chrétiens dans laquelle il donne quelques pistes intéressantes). Ceux qui s'intéressent au sujet auront énormément de profit à regarder cette rencontre organisée au Collège des Bernardins au début de l'année :
Un thème revient particulièrement dans l'enquête d'A. Pasquier et dans ces interventions aux Bernardins : c'est la question du long-terme. Un défi essentiel est de faire passer ces nouveaux venus de la joie de la découverte à la profondeur de la fidélité, avec ce qu'elle suppose d'aridité parfois.
Peut-être est-ce cette aridité vécue qui m'a poussée à m'engager dans cet accompagnement : parce que je ressentais le besoin de me donner un nouveau souffle spirituel. Je ne sais pas encore dire où cela me mènera. Mais la joie profonde que je ressens lorsque je reviens de nos réunions me rappelle la question des disciples d'Emmaüs : "Notre cœur n'était-il pas tout brûlant ... ?"
L'annonce de l'Evangile est un pilier essentiel de la Foi. Paradoxal, bien sûr, car aucune foi n'est pleinement assurée et il y a quelque chose de profondément difficile à annoncer ce qu'on n'a jamais tout-à-fait compris (Oui bonjour c'est le syndrome de l'imposteur : on peut parler deux minutes ?). Mais essentiel parce que cette annonce contribue à renforcer la Foi. De même que la louange rend plus joyeux, l'annonce de la Foi rend "plus croyant soi-même". C'est certainement sa valeur principale, à ma petite échelle. Et de cela, aucune statistique ne pourra rendre compte.